La fuite des vidéos de l’interrogatoire de Beni Mukena continue de susciter des interrogations. Contrairement à certaines interprétations, les éléments rapportés dans cette affaire indiquent que les images n’auraient pas été directement publiées par les autorités de Brazzaville, mais qu’elles auraient été récupérées auprès de policiers dans le cadre d’une affaire d’argent.
Pour rappel, deux commandants ont été rétrogradés au grade de brigadier, tandis que deux colonels ont été placés aux arrêts pour une durée de 60 jours, avant leur comparution devant les conseils de discipline. La décision a été prise par le ministre de l’Intérieur, Jean Olessongo Ondaye.
Une arrestation qui tourne à l’affaire d’argent
Selon les informations rapportées, après que Beni Mukena a été livré par la personne qui le gardait à Brazzaville, cette dernière serait entrée en contact avec la famille de Vally Amisi afin de mobiliser les services de police de Brazzaville.
Beni Mukena est finalement arrêté.
C’est à partir de ce moment que l’affaire aurait pris une autre tournure. Les deux commandants et les deux colonels impliqués auraient exigé la somme de 20 000 dollars en échange de la remise de Beni Mukena.
Parmi les personnes sollicitées pour réunir cet argent, l’une d’elles serait retournée à Brazzaville avant d’expliquer qu’elle devait repartir à Kinshasa pour collecter la somme demandée.
Pour convaincre les personnes susceptibles de financer cette opération, elle aurait alors demandé aux policiers de lui transmettre la vidéo de l’interrogatoire de Beni Mukena. L’objectif était de montrer aux personnes citées pendant l’interrogatoire qu’elles étaient directement impliquées ou mentionnées dans les déclarations du détenu.
Les policiers auraient accepté et lui auraient transmis la vidéo.
De la vidéo à la diffusion
Une fois à Kinshasa, la vidéo aurait été utilisée pour solliciter de l’argent auprès de plusieurs personnes citées par Beni Mukena lors de son interrogatoire.
Après avoir obtenu les sommes recherchées, l’intéressé aurait finalement décidé de diffuser la vidéo.
Mais la séquence publiée aurait été volontairement coupée : la partie dans laquelle Beni Mukena citait certains noms aurait été retirée avant la diffusion.
La publication de la vidéo aurait alors provoqué une vive réaction des autorités de Kinshasa, qui auraient immédiatement alerté leurs homologues à Brazzaville.
Informé de la situation, le ministre de l’Intérieur, Jean Olessongo Ondaye, aurait convoqué le commissaire central Landou afin d’obtenir des explications sur les circonstances dans lesquelles la vidéo avait pu sortir des services de police.
Des sanctions qui tombent
L’affaire a rapidement conduit à des sanctions.
Les deux colonels concernés sont désormais aux arrêts pour 60 jours, dans l’attente de leur passage devant les conseils de discipline. Les deux commandants impliqués, quant à eux, ont été rétrogradés au grade de brigadier.
Ces mesures traduisent la volonté des autorités de tirer les conséquences de cette affaire et d’établir les responsabilités individuelles.
Ce que révèle cette affaire
En résumé, les éléments rapportés présentent un scénario différent de celui selon lequel la vidéo aurait été directement publiée par Brazzaville.
La vidéo aurait d’abord été transmise par des policiers à une personne qui cherchait à réunir les 20 000 dollars réclamés pour obtenir la remise de Beni Mukena. Elle aurait ensuite été transportée à Kinshasa, utilisée pour obtenir de l’argent auprès de certaines personnes, puis diffusée publiquement après modification.
Si ces faits sont confirmés, cette affaire met en évidence de graves soupçons de corruption et de pratiques illégales au sein de certains services de police. Des agents chargés de faire respecter la loi se seraient eux-mêmes retrouvés au cœur d’une opération impliquant des demandes d’argent.
Les conseils de discipline devront désormais déterminer avec précision le rôle joué par chacun et établir les responsabilités dans cette affaire.
Rédaction


