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RDC : Jean-Claude Masangu salue les avancées monétaires sous André Wameso et met en garde sur la dédollarisation

L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, porte un regard plutôt favorable sur l’évolution récente de la situation macroéconomique de la République démocratique du Congo. Invité mardi 6 octobre à un Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a notamment salué les progrès enregistrés sur l’inflation, les taux d’intérêt et la stabilité du franc congolais.

Selon Jean-Claude Masangu, André Wameso a pris les commandes de la BCC dans un contexte marqué par une inflation située, selon lui, entre 17 et 20 %. Il estime que sa baisse vers des niveaux proches de 5 % constitue une évolution significative.

« André Wameso a hérité d’une inflation de 17 à 20 %. Aujourd’hui, elle est d’environ 5 %. Les taux d’intérêt tournent autour de 10 % et devraient baisser davantage. C’est un bon travail », a-t-il déclaré.

Cette appréciation intervient dans un contexte de désinflation déjà engagé avant 2026. Dans son rapport sur la politique monétaire, la BCC indiquait que l’inflation était passée de 23,8 % en 2023 à 11,7 % en 2024, avec une perspective de poursuite de la désinflation.

Le franc congolais, un autre motif de satisfaction

L’ancien gouverneur s’est également exprimé sur l’évolution du taux de change. Il rejette l’idée selon laquelle la stabilité actuelle du franc congolais serait artificielle.

D’après les chiffres qu’il avance, le dollar américain, qui se négociait autour de 2 900 francs congolais en 2025, évolue désormais autour de 2 250 à 2 300 francs. Jean-Claude Masangu estime que cette stabilité, maintenue depuis plusieurs mois, traduit les effets des mesures de politique monétaire prises par la Banque centrale.

« La stabilisation du franc n’est pas artificielle. Il a eu toutes les critiques du monde, mais le franc s’est raffermi. Ça fait presque une année qu’on est autour de 2 300. La stabilité, elle est là », a-t-il soutenu.

Sur le plan économique, la stabilité du taux de change constitue un élément important pour les entreprises et les ménages, notamment parce qu’elle contribue à réduire l’incertitude liée aux prix des biens et services importés.

La dédollarisation, le véritable défi

C’est toutefois sur la dédollarisation de l’économie congolaise que Jean-Claude Masangu se montre beaucoup plus prudent.

La RDC demeure fortement dollarisée, malgré les différentes politiques engagées depuis plusieurs années pour renforcer l’utilisation du franc congolais. La Banque mondiale rappelle notamment que le pays avait lancé dès 2012 une stratégie visant à réduire sa dépendance au dollar et à favoriser l’utilisation de la monnaie nationale.

Pour l’ancien gouverneur de la BCC, cette transformation ne pourra pas être réalisée rapidement.

« La dédollarisation est un gros morceau, ce n’est pas une chose facile », a-t-il déclaré.

Jean-Claude Masangu fait notamment référence à la décision de la BCC de renforcer progressivement les paiements en monnaie nationale et de limiter l’utilisation du dollar en espèces. À partir du 9 avril 2027, les transactions en espèces en devises étrangères doivent être interdites, tandis que la BCC doit prendre en charge exclusivement l’importation physique des billets en devises.

Il s’interroge néanmoins sur la capacité à mettre en œuvre cette réforme dans les délais annoncés.

« Il a annoncé l’interdiction de l’importation du dollar cash en avril 2027. Est-ce qu’il va y arriver ? C’est une bonne question pour lui », a-t-il déclaré.

Un chantier qui dépasse la seule Banque centrale

Derrière la question technique de la dédollarisation se trouve un enjeu plus profond : celui de la confiance dans la monnaie nationale. Pour réduire durablement l’utilisation du dollar, les autorités doivent non seulement stabiliser le franc congolais, mais également renforcer son utilisation dans les dépôts, les crédits, les paiements et les transactions économiques.

Le défi est donc autant monétaire que structurel. Il concerne les banques, les entreprises, l’État, les ménages et l’ensemble du système de paiement.

En saluant les résultats obtenus sur l’inflation et le taux de change tout en appelant à la prudence sur la dédollarisation, Jean-Claude Masangu livre ainsi une lecture en deux temps de la politique monétaire actuelle : les progrès sur la stabilité constituent, selon lui, un acquis important, mais la reconquête durable de l’espace économique par le franc congolais demeure un chantier beaucoup plus complexe.

Rédaction 

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