Après la prise de parole de Joseph Kabila, le vendredi 9 octobre 2026, Thierry Monsenepwo a sorti l’artillerie politique. Le cadre de l’Union sacrée de la nation a violemment contesté les critiques de l’ancien président, l’accusant notamment de reprendre des positions favorables à Kigali. Au cœur de sa riposte : la sécurité, les performances économiques du pouvoir de Félix Tshisekedi et la responsabilité politique de son prédécesseur.
La confrontation politique entre Joseph Kabila et le camp de Félix Tshisekedi prend une nouvelle tournure. En réaction au discours de l’ancien chef de l’État, Thierry Monsenepwo a vivement contesté ses critiques, estimant qu’elles ne tiennent pas suffisamment compte des évolutions enregistrées depuis l’alternance de 2019.
« Votre révolte, en réalité, Monsieur le sénateur à vie, Joseph Kabila, n’est pas politique : elle est comptable, car Félix Tshisekedi est un rempart contre votre agression », a-t-il lancé.
Sécurité : Monsenepwo défend le bilan de Tshisekedi
Sur le plan sécuritaire, Thierry Monsenepwo met en avant la résistance des Forces armées de la RDC (FARDC), l’engagement des Wazalendo et les initiatives diplomatiques de Kinshasa face à la crise dans l’Est du pays.
Il rappelle qu’à l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, en 2019, l’armée comptait, selon ses chiffres, environ 100 000 hommes, confrontés à des difficultés d’équipement et à des problèmes d’infiltration. Il présente les efforts militaires actuels comme une évolution importante, malgré la persistance des violences dans l’Est.
Le responsable politique reproche également à Joseph Kabila ses prises de position sur la situation sécuritaire, qu’il rapproche des activités de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23.
Il évoque notamment les sanctions américaines annoncées contre l’ancien président du PPRD le 30 avril 2026, ainsi que les rapports d’experts des Nations unies sur la déstabilisation de la RDC. Ces accusations doivent toutefois être distinguées des faits établis par les instances compétentes.
Budget, économie et contrat chinois au cœur de la riposte
Pour défendre le bilan de Félix Tshisekedi, Monsenepwo s’appuie également sur des chiffres économiques. Il affirme que le budget national est passé de 4 milliards de dollars sous Joseph Kabila à 24 milliards sous le pouvoir actuel, tandis que les crédits consacrés à la défense auraient progressé de 280 millions à 3,18 milliards de dollars.
Il met aussi en avant la renégociation du partenariat sino-congolais, dont la valeur serait passée, selon lui, de 3 à 7 milliards de dollars. À cela s’ajoutent les chiffres du produit intérieur brut, qu’il situe à 46 milliards de dollars à la fin de l’ère Kabila, contre 127 milliards sous Félix Tshisekedi.
La gratuité de l’enseignement primaire et les efforts en matière d’accès à l’eau et à l’électricité figurent également parmi les éléments avancés pour défendre le bilan du pouvoir actuel. Ces données, présentées dans le cadre d’un débat politique, nécessitent néanmoins une vérification à partir de sources statistiques officielles.
Dialogue national : pas question d’imposer un agenda politique
Sur la question du dialogue national, Thierry Monsenepwo réfute l’idée selon laquelle Félix Tshisekedi aurait fermé la porte aux propositions de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC).
Il défend un dialogue fondé sur les intérêts de la population plutôt que sur les ambitions d’un camp politique.
« Il s’agit d’un dialogue pour le peuple congolais et par le peuple congolais, et non d’un dialogue organisé selon votre agenda », a-t-il déclaré en s’adressant à Joseph Kabila.
Concernant la Constitution, le cadre de l’Union sacrée estime que le peuple congolais doit rester maître de la décision de la maintenir ou de la modifier. Il affirme également qu’aucune manifestation organisée pour ou contre un éventuel changement constitutionnel n’aurait été réprimée.
Une rivalité politique qui se poursuit
À travers cette réplique, Thierry Monsenepwo oppose les arguments sécuritaires et économiques du pouvoir actuel aux critiques formulées par Joseph Kabila. Les accusations concernant les relations présumées de l’ancien président avec les adversaires de la RDC ajoutent une dimension supplémentaire à cette confrontation.
Au-delà des échanges entre les deux camps, les enjeux restent considérables : rétablissement de la paix dans l’Est, gestion des ressources nationales, dialogue politique et avenir des institutions.
Le discours de Joseph Kabila et la réponse de Thierry Monsenepwo illustrent ainsi les profondes divergences qui traversent la classe politique congolaise, alors que les attentes de la population en matière de sécurité et de gouvernance demeurent fortes.
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