Le crash du Let 410 de TRACEP Congo Aviation à Kenge, qui a fait 17 morts le 25 septembre 2026, relance les interrogations sur le suivi de la compagnie aérienne et sur le rôle du Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA). Le gouvernement a suspendu le CTA de TRACEP dès le lendemain de l’accident, dans l’attente des conclusions de l’enquête.
Des précédents qui interrogent
TRACEP avait déjà été impliquée dans un accident à Walikale le 24 juillet 2026. L’appareil, un Let 410, avait signalé une panne sur l’un de ses moteurs peu après son décollage de Beni avant de perdre le contact avec les équipes au sol. Le crash avait fait un mort parmi les deux membres d’équipage.
Deux mois plus tard, un nouvel accident mortel survient à Kenge. Cette succession d’événements pose donc une question centrale : quelles conclusions et quelles recommandations avaient été formulées à la suite des précédentes enquêtes, et quelles mesures avaient-elles entraînées ?
Des accusations graves qui restent à établir
Des informations attribuées à une source présentée comme interne mettent également en cause le fonctionnement du BPEA et évoquent notamment un supposé « monnayage » des rapports d’enquête, ainsi que des avantages financiers qui auraient été accordés à certains enquêteurs par des exploitants.
Ces accusations, particulièrement graves, ne sont toutefois pas étayées à ce stade par des documents publics vérifiables ni par une décision judiciaire. Elles doivent donc être considérées comme des allégations et non comme des faits établis.
L’enjeu est désormais celui de la transparence. La publication des rapports d’enquête disponibles sur les précédents accidents de TRACEP, ainsi que les éventuelles recommandations adressées à l’Autorité de l’Aviation civile, permettraient de mieux comprendre les décisions prises avant le drame de Kenge.
Au-delà des responsabilités individuelles, le crash pose une question institutionnelle : le dispositif de contrôle et d’enquête de l’aviation civile congolaise dispose-t-il des garanties nécessaires pour assurer des enquêtes indépendantes, transparentes et suivies d’effets ?
La réponse devra notamment passer par les conclusions officielles de l’enquête sur Kenge et par la clarification des suites données aux accidents précédents.
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