Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a vivement réagi au discours de l’ancien président Joseph Kabila, diffusé ce vendredi 9 octobre 2026. Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, le ministre de la Communication et Médias a critiqué le message de l’ancien Président de la République, qu’il accuse de rester attaché aux anciennes méthodes politiques et de ne proposer aucune perspective favorable à la paix en République démocratique du Congo.
Dans sa réaction, Patrick Muyaya n’a pas mâché ses mots. Il a présenté Joseph Kabila comme un « homme du passé », nostalgique, selon lui, des méthodes antidémocratiques. Le porte-parole du gouvernement a également établi un lien entre l’ancien chef de l’État, le Rwanda et la rébellion de l’AFC/M23, dans un contexte marqué par la persistance du conflit dans l’Est du pays.
Patrick Muyaya charge l’ancien président
Pour le ministre de la Communication et Médias, le discours de Joseph Kabila ne répond pas aux préoccupations fondamentales des Congolais, particulièrement celles liées à la sécurité, à la souveraineté nationale et à la restauration de la paix dans les provinces affectées par les violences armées.
Dans une formule particulièrement incisive, Patrick Muyaya a qualifié l’ancien président de « fils-aîné du père (le Rwanda), complice du frère (M23/AFC) », avant d’affirmer que celui-ci n’avait « rien d’autre à offrir que le chaos ».
Ces accusations s’inscrivent dans la ligne défendue par Kinshasa, qui dénonce le soutien du Rwanda au mouvement rebelle AFC/M23. Elles interviennent également après les sanctions américaines annoncées le 30 avril 2026 contre Joseph Kabila, Washington lui reprochant notamment son soutien présumé à cette coalition politico-militaire. Ces accusations sont celles des autorités américaines.
Le dialogue, une voie privilégiée par Kinshasa
Malgré la fermeté de sa réponse, Patrick Muyaya a réaffirmé l’engagement du gouvernement congolais en faveur du dialogue, présenté comme un moyen de parvenir à une solution durable à la crise sécuritaire.
Le porte-parole a assuré que le président Félix Tshisekedi et son gouvernement entendaient poursuivre le processus de dialogue engagé pour restaurer la paix et préserver l’intégrité territoriale de la RDC.
« Avec le peuple congolais, les hommes et les femmes épris de paix, nous restons fermement engagés à travers le processus du dialogue amorcé par le Président de la République pour restaurer la paix et l’intégrité territoriale », a-t-il déclaré.
Cette position intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre fin aux hostilités dans l’Est du pays. Le 7 octobre, une délégation de l’Union africaine a notamment rencontré des représentants de l’AFC/M23, tout en appelant à la poursuite des efforts de paix.
Un nouvel épisode dans le bras de fer politique
La réaction de Patrick Muyaya illustre les tensions persistantes entre le pouvoir en place et l’ancien président Joseph Kabila, dont les prises de position continuent d’alimenter le débat politique national.
Au-delà de cet échange, la question centrale demeure celle de la recherche d’une issue à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Entre accusations politiques, initiatives diplomatiques et attentes des populations affectées par les violences, les autorités congolaises restent confrontées à un défi majeur : faire aboutir les efforts de dialogue à des avancées concrètes sur le terrain.
Pour Kinshasa, la restauration de la paix et la défense de l’intégrité territoriale demeurent les priorités affichées. Reste à savoir dans quelle mesure les différentes initiatives en cours permettront de répondre aux aspirations des Congolais et de ramener durablement la sécurité dans les zones touchées par le conflit.
Rédaction


