Face à la multiplication des injures, du harcèlement et des accusations diffamatoires sur les réseaux sociaux, Me Gisèle Ngungua Sangua, avocate au barreau du Haut-Katanga et à la Cour pénale internationale (CPI), annonce sa détermination à engager des poursuites contre ceux qui la prennent pour cible dans l’espace numérique.
Dans un message adressé aux usagers de l’espace numérique, l’avocate affirme avoir pris « solennellement » la décision de porter plainte contre les personnes qui, selon elle, contribuent à polluer les réseaux sociaux par des propos injurieux, des actes de harcèlement ou de la diffamation.
« J’en ferai ma lutte comme ce fut le cas face à la recrudescence des violences sexuelles. J’en fais le serment ! », déclare-t-elle.
Pour une utilisation responsable des réseaux sociaux
Dans sa prise de position, Me Gisèle Ngungua Sangua rappelle d’abord le potentiel considérable des technologies numériques. Selon elle, les réseaux sociaux devraient constituer des espaces de dialogue, de partage des connaissances et de confrontation constructive des idées.
Elle déplore toutefois la banalisation de comportements qu’elle considère comme destructeurs : insultes, dénigrement, humiliations publiques et campagnes de harcèlement ciblées.
Pour l’avocate, le fait que ces comportements se déroulent derrière un écran ne les rend pas moins graves.
« Le cyberharcèlement n’est pas une simple dérive du virtuel, c’est une violence réelle », soutient-elle, estimant que les personnes visées restent des êtres humains dont la dignité et l’équilibre peuvent être profondément affectés.
Liberté d’expression : oui, impunité : non
Me Gisèle Ngungua Sangua établit également une distinction entre la liberté d’expression et les attaques personnelles.
Elle reconnaît la légitimité de la critique, du débat politique et du désaccord idéologique dans une société démocratique. Mais elle estime que ces libertés ne sauraient justifier les insultes répétées, la diffamation ou encore la traque numérique.
Son message se veut ainsi un rappel à la responsabilité de chaque utilisateur des plateformes numériques.
« Le silence n’est plus une option »
L’avocate appelle également les internautes à ne pas rester spectateurs face aux campagnes de haine en ligne.
Elle invite notamment les utilisateurs à éviter de donner davantage de visibilité aux contenus humiliants ou haineux, à les signaler aux plateformes concernées et à soutenir les personnes prises pour cible.
Pour elle, la lutte contre le cyberharcèlement ne relève donc pas uniquement des tribunaux. Elle implique aussi les familles, les éducateurs, les plateformes numériques et l’ensemble de la société.
Une triple responsabilité
Dans son message, Me Gisèle Ngungua Sangua identifie trois niveaux de responsabilité.
La responsabilité juridique et institutionnelle, d’abord, avec l’application effective de la loi aux comportements commis dans l’espace numérique.
La responsabilité collective, ensuite, qui consiste à refuser de participer à la propagation des contenus haineux ou humiliants et à apporter un soutien aux victimes.
La responsabilité éthique et éducative, enfin, notamment à travers la sensibilisation des jeunes à une utilisation respectueuse et responsable des outils numériques.
Un engagement contre la haine numérique
À travers cette déclaration, l’avocate entend faire de la lutte contre le cyberharcèlement un nouvel engagement personnel. Elle appelle à ne pas laisser « une minorité bruyante et haineuse » imposer ses pratiques dans les espaces d’expression en ligne.
Son message se termine par un appel qui résume sa position : « Non à la haine en ligne, oui au respect et à la responsabilité numérique. »
Une prise de parole qui intervient alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans les débats publics et que la frontière entre critique, polémique, injure et harcèlement fait régulièrement l’objet de discussions.
Me Gisèle Ngungua Sangua, avocate au barreau du Haut-Katanga et à la CPI, entend pour sa part porter ce combat sur le terrain judiciaire, tout en appelant les internautes à contribuer à la construction d’un espace numérique plus respectueux.
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