Nord-Kivu : Delcat Idengo, un diapason de la musique révolutionnaire réduit au silence

Le fait est d’une gravité telle qu’il ne pouvait rester impuni. Dix ans de prison ferme, voilà le verdict pris par la cour militaire garnison de Goma, le vendredi 17 décembre 2021 contre l’artiste musicien Delphin Katembo Vinywa allias Delkat Idengo, d’une vingtaine d’années, pour outrage à l’armée, démoralisation et incitation à s’armer contre L’Etat. L’inculpé devrait également s’acquitter de frais d’instance.

Que s’est-il passé pour que l’on en arrive là ?

Il ressort des faits allégués au cours de l’instance que l’artiste musicien révolutionnaire Delkat Idengo, est coupable d’un double sacrilège sur l’intégrité territoriale du pays et l’assiduité de militaires FARDC résolument engagé au front.

Arrêté depuis le dimanche 10 octobre 2021 par les services spécialisés des FARDC et les agents de l’agence national de renseignements en ville commerciale de Butembo, l’artiste Delcat Idengo engagé largement dans la musique révolutionnaire, avait été transféré à l’auditorat supérieur du Nord-Kivu situé dans la ville volcanique de Goma, l’avant-midi du mardi 12 octobre dernier.

Les causes mises en exergues.

Le 15 octobre 2021, Delkat Idengo avait suggéré à la MONUSCO de disparaître, tout en qualifiant tous ceux qui portent les uniformes des FARDC et de la police nationale congolaise comme les ennemis de la paix, et pour lui tous les politiciens sont aussi des rebelles, ce sont eux qui tuent » la population.

Appréhension au sein de la communauté régionale.

Certaines indiscrétions laissaient entendre que, Delcat Idengo serait traumatisé psychologiquement d’où la nécessité de lui offrir une meilleure prise en charge médicale, devrait être une solution adéquate en lieu en place de le juger dans une audience en flagrance.

Historique du cassier judiciaire précédent.

le 2 février 2021 Delcat Idengo était détenue sur proposition du ministère public du tribunal de paix de la ville de Beni qui l’accusait de l’offense au chef de l’État, outrage à certains membres de l’Assemblée nationale et faux bruits, trois infractions entre autres que l’artiste révolutionnaire ne cessait de réfuter indiquant selon lui qu’à travers sa chanson “politiciens escrocs” il n’a fait qu’interpeller les autorités à honorer leurs promesses faites à la population de Beni lors des campagnes électorales de 2018.

Il avait été libéré l’après-midi du mercredi 10 mars 2021. Après l’intervention des plusieurs activistes des droits de l’homme œuvrant dans la région des pays des grands lacs.

Et bien sûre sous influence indirecte des acteurs politiques de l’opposition au régime en place de la RDC notamment, le candidat malheureux aux élections de 2018 Martin Fayulu Madidi.

Les défis artistiques !

Pour Delkat Idengo, la pratique musicale n’était pourtant pas sans risque au cours des dernières années. Plusieurs témoins ont fait état de menaces et de persécutions qu’il a subi. À l’en croire, après le silence, c’est la musique qui exprime le plus l’inexprimable.

Quand on pense à la Musique révolutionnaire, ordinairement on pense : sons de réflexion, phénomène vibratoire de la conscience populaire, profusion de timbres d’esprit d’exigence d’une recevabilité dans la gestion de la chose publique, un monde de résonnances politique.

Au finish, dans sa réalité, la musique est une matière sonore qui vient s’insérer dans ce qu’on pourrait définir comme une espèce de vide.

Paul Zaïdi

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