Tribune : « la Démocratie à la congolaise vers une candidature unique à tous les postes de responsabilité dans les institutions » (Erik Binga)

L’Afrique est un continent jeune avec une population jeune qui expérimente tardivement la culture de la démocratie à la manière de son histoire datant depuis l’époque des royaumes ancestrales, jusqu’à la colonisation occidentale en passant par l’exploration et la prospection de son territoire, de son sol et son sous-sol du Nord au Sud.

Cette expérimentation de la démocratie a connu des longues périodes de transitions post-dictatures militaro-idéologiques après la deuxième guerre mondiale et les mouvements indépendantistes pour arracher son autonomie sur le plan politico-économique avec des conséquences culturelles et socio-politiques incommensurables.

La particularité de cet apprentissage de la démocratie se trouve en RDC, où le pays a connu d’énormes coups de massue depuis son accession à l’indépendance en 1960 :

  • Guerre civile de 1960 à 1965 (assissinat de Lumumba et coup d’État) ; Neutralisation du pouvoir civile par le colonel Mobutu et création du MPR parti-État initié par Étienne Tshisekedi et cie pour consolider le pouvoir militaire de Mobutu et instaurer officiellement la dictature de 1965 à 1997 ;
  • Guerre de libération du Congo conduit par Laurent Désiré Kabila et son conglomérat des aventuriers rwandais pour instaurer une énième dictature 1997-2001 ;
  • 2e Guerre du Congo initié par le Rwanda et l’Ouganda pour le contrôle des richesses du Congo et l’infiltration de l’armée congolaise 1998-2003 ;
  • Assassinat de M’zee Kabila par ses ennemis de l’AFDL et prise du pouvoir de Joseph Kabila pour réunifier le pays et réinstaller la démocratie à tout le niveau de 2001-2018.

Quid de la santé démocratique Rdcienne depuis l’adoption de la nouvelle constitution en 2006 ?

La démocratie à la congolaise a connue une particularité incroyable avec des premières élections générales organisées en 2006 avec 32 candidats à la présidentielle. C’était le taux le plus élevé au monde des candidats pour un poste à la magistrature suprême.

Les deuxièmes élections générales n’ont pas fait exception pour le nombre des candidats à un seul poste présidentiel en 2011.

Les troisièmes élections générales en 2018 n’ont pas changé la dynamique de convoitise du poste commandant suprême et chef de l’État en RDC toujours une pléthore des candidats se neutralisant pour pouvoir succéder à Joseph Kabila et ainsi goûter à la passation civilisée du pouvoir depuis la création de cet ancien EIC (État indépendant du Congo) créé par Léopold II en 1885.

Le grand gagnant de cette dernière bataille électorale était l’opposant Félix Tshisekedi qui règne actuellement sans partage depuis le début de sa mandature en janvier 2019.

Les perspectives d’avenir pour les prochaines élections en 2023

L’avenir de la démocratie au Congo semble inquiétant et incertain dans la mesure où les signaux politiques annoncent un pogrom des potentiels candidats à concourir pour affronter probablement le nouveau maître du Congo qui semble vouloir se pérenniser au moins au-delà de 2023 et ceci pour y arriver il faut utiliser tous les moyens permettant d’écarter les potentiels candidats qui convoitent déjà son fauteuil présidentiel.

Les armes utilisées par Tshisekedi le béton de l’UDPS pour écarter les prochains candidats en 2023

1. L’IGF : Cette structure rattachée à la présidentielle de la république utilise ses audits des états financiers des toutes les régies financières et entreprises publiques comme moyen d’affaiblir et anéantir les ardeurs présidentielles des futurs candidats du FCC en les inculpant dans la mauvaise gestion et détournement des deniers publiques et initie illico presto des poursuites judiciaires pouvant aboutir à des arrestations en cascade avant 2023.

La congolité : Ici c’est la loi dite de père et de mère congolais qui divise la classe politique. Ceci dit, pour être désormais candidat à la présidentielle, cette loi de Noël Tshiani proche de l’UDPS propose que le candidat soit de primo né au Congo de père et de mère congolais.

Plusieurs potentiels candidats en 2023 se trouvent visés et marginalisés pour les empêcher d’affonter Felix Tshisekedi en 2023. La majeure parti de ces indignés se trouvent les métis et les congolais par naturalisation.

Conclusion : L’avenir de la démocratie congolaise s’annonce balbutiante (Tindika tia cale) et la population congolaise se voit être privé d’une bonne compétition électorale comme elle en a déjà l’accoutumance et le risque serait de voir une présidentielle à candidat unique pour l’union sacrée où Felix Tshisekedi Tshilombo serait le seul candidat à sa propre succession.

Erik Binga, Conseiller en communication et medias

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