Tribune: Mise au point sur les incidents survenus lors de la plénière du 5 Avril 2021 à l’Assemblée Provinciale de Kinshasa (Nembalemba Léon Junior)

J’ai reçu en date du 30 mars 2021, jour de l’ouverture de la session ordinaire de mars 2021, en même temps que les autres membres du Bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, une pétition signée par 17 collègues honorables députés visant la déchéance de l’honorable Président Godé Mpoy.

Deux jours plus tard, certains de ces mêmes collègues (leur nombre était passé de 17 à 8 soit 9 désistements !) se sont ravisés pour déposer cette fois, contre la même personne, une proposition de résolution de déchéance : ils se sont rendus certainement compte que le terme  »pétition » n’existe ni dans notre règlement intérieur ni dans le jargon de notre institution. Pire, ils étaient tellement pressés d’avoir la tête de l’homme qu’il fallait abattre qu’ils ont même oublié d’adresser un courrier pour solliciter l’annulation du document déposé précédemment.
Des vices de forme et de procédure dont on peut, semble-t-il, se passer : Godé Mpoy devait à tout prix tomber et ce, à « leur manière » à eux et suivant leur conception de  »l’état de droit. »

DE LA PROCÉDURE

Notre règlement intérieur, dans son article 28 point 7, est on ne peut plus clair quand à la marche à suivre pour le cas sous examen.  » … Lorsque le Président de l’Assemblée provinciale est mis en cause, la plénière est convoquée par le Vice-président. « 

Et, c’est sur la base de l’article précité que l’honorable Vice-président a réuni ce même 1er avril le Bureau pour convoquer la plénière du lundi 5 avril à 10h00.

DES FAITS

Quelques minutes après l’ouverture de la plénière de ce 5 avril par l’honorable Président de céans, les 8 députés pro-déchéance se sont invités sur l’estrade pour empêcher aux membres du Bureau – et particulièrement au Vice-président – de tenir la plénière.
Cependant, visiblement désespérés de ne pas avoir rallié la majorité des collègues à leur démarche et sentant la défaite toute proche, ils n’ont trouvé comme nouvelle tactique que d’arrêter la plénière par tous les moyens :

  • Récusation vaille que vaille de tous les membres du bureau. Pour ces collègues, même si la plénière du jour avait déjà débuté, les 4 membres du bureau en place n’avaient plus qualité pour la conduire et ils devaient céder sur le champ leurs places à un bureau d’âge parce que, disent-ils, leurs cabinets respectifs venaient tous d’accuser réception des nouvelles propositions de résolution de déchéance ciblant chacun des membres du bureau.

Il est à noter que l’accusé de réception de la proposition de résolution de déchéance du Rapporteur, par exemple, mentionne bien 11h45 comme heure de réception alors que le communiqué annonçant la plénière qui a circulé sur les réseaux sociaux mentionne bien 10h00 comme heure du début de la plénière (bien que celle-ci a dû débuter légèrement en retard).
Il faut mentionner aussi des pratiques dignes d’un  »état de droit » très particulier :

  • Menaces verbales et physiques à l’endroit des membres du Bureau ;
  • Brutalités et destruction du micro du Président de céans.

Cependant, grâce à la ténacité et la résistance de plusieurs collègues que je remercie vivement en passant, indignés et visiblement mécontents de voir leur hémicycle prendre des allures de vraie foire, que les collègues députés ont accepté de se rasseoir et d’exposer leurs préoccupations en hommes civilisés.

DE MON JUGEMENT

Trois questions peuvent être raisonnablement posées :

Le Vice-président et les autres membres du bureau avaient-ils qualité pour convoquer la plénière du 5, le 1er avril, alors qu’aucun des 4 n’était visé par une quelconque résolution de déchéance?

Comment dans le même contexte, dans la même Assemblée, le 30 mars dernier, l’honorable Président alors visé par « une pétition », a-t-il pu conduire aisément la plénière d’ouverture jusqu’à son terme alors que seulement deux jours plus tard, pour un réglement des comptes, on ne veut pas qu’il en soit de même pour les autres membres du bureau qui ont appris du reste les initiatives visant leurs déchéances en étant déjà dans la salle ?

(L’autre question est aussi un exemple qui peut aider à mieux cerner la situation) Est-ce qu’on peut demander à un Ministre en fonction qui est en train de prononcer un discours ou de tenir une réunion de s’arrêter tout de suite parce qu’il n’a pas été retenu dans un nouveau gouvernement dont on vient de publier la composition ?

Si vous avez réponses à ces trois questions, vous avez donc tout compris de ce qui s’est passé hier à l’APK.

Ainsi, conformément aux prescrits de notre règlement intérieur, la proposition de résolution de déchéance contre l’honorable Président de notre institution a été examinée par la plénière. Et à l’issue du vote sur cette question, la plénière souveraine s’est prononcée contre ladite résolution. Que dire ? Que faire ? Il faut simplement se soumettre à la décision soutenue par 33 collègues sur 36 présents. C’est cela le respect de l’Etat de droit, de la Démocratie et des institutions de la République.

MON MESSAGE

J’ai été élu Député provincial avant d’être Rapporteur. Si pour une quelconque raison valable, les honorables collègues qui m’ont élu estiment que je ne mérite plus leur confiance, je m’en irai simplement.

Mais lorsque, par des manœuvres politiciennes fabriquées par des officines obscures, tenues par des hommes en quête de positionnement, on tente de diaboliser ma personne pour me faire tomber, j’affirme que je me battrai de toutes mes forces pour défendre mon honneur et mon engagement au service de notre respectable institution, un travail qui, du reste depuis ma première fonction en tant que 1er secrétaire du Bureau provisoire, est favorablement apprécié par la majorité des collègues membres de l’APK.

N’en déplaise aux haineux.

J’ai dit !

Honorable Nembalemba Léon Junior, Rapporteur de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa

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