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RDC : à l’approche des 100 jours, MSF alerte sur une épidémie d’Ebola hors de contrôle

À l’approche des 100 jours depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, l’inquiétude grandit. Médecins Sans Frontières (MSF) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à une maladie qui continue de progresser rapidement, alors que les capacités de la riposte peinent à suivre le rythme des contaminations.

Selon les données communiquées par les autorités sanitaires au 24 août 2026, la RDC comptait 5 514 cas confirmés et plus de 2 600 décès depuis le début de l’épidémie. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit cette flambée de maladie à virus Ebola due au virus Bundibugyo comme la plus importante jamais enregistrée dans le pays et l’une des plus rapides.

Un décès toutes les 30 minutes

Le bilan humain donne la mesure de la gravité de la situation. Selon MSF, au cours de la semaine précédant son alerte, un décès lié à Ebola était enregistré environ toutes les 30 minutes.

L’organisation humanitaire estime que ces chiffres traduisent une transmission qui demeure particulièrement intense dans plusieurs zones touchées. L’épidémie, initialement apparue en Ituri, s’est progressivement étendue à d’autres provinces de l’est et du nord-est du pays. L’OMS indiquait déjà mi-août que le virus avait atteint 54 zones de santé dans six provinces.

MSF estime par ailleurs que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être supérieure aux chiffres officiellement recensés, notamment en raison des difficultés de dépistage, de l’accès limité à certaines zones et de la sous-déclaration possible de certains cas.

« La réponse ne parvient pas à suivre »

Pour le Dr Javid Abdelmoneim, président international de MSF, la situation exige un changement d’échelle dans la riposte.

« Cette épidémie continue de se propager, à un rythme que la réponse ne parvient pas à suivre », alerte-t-il.

Selon MSF, les centres de traitement restent indispensables pour prendre en charge les patients, mais l’augmentation du nombre de lits ne suffira pas à elle seule à inverser la tendance.

L’organisation réclame notamment un dépistage plus efficace, un isolement sécurisé des personnes malades et de leurs contacts, ainsi qu’un renforcement de la formation des professionnels de santé et des responsables communautaires. La prévention et le contrôle des infections doivent également être renforcés dans les structures de soins afin d’éviter que celles-ci ne deviennent des lieux de transmission.

Plus de 60 % des décès surviennent hors des centres de traitement

L’un des éléments les plus préoccupants relevés par MSF concerne le lieu où surviennent les décès.

Depuis le début de l’épidémie, plus de 60 % des personnes décédées d’Ebola en RDC sont mortes en dehors des centres de traitement, souvent à domicile ou au sein de leur communauté. Cette situation signifie que de nombreux malades ne bénéficient pas à temps d’une prise en charge médicale et peuvent continuer à transmettre le virus avant même que leur infection ne soit détectée.

Pour l’organisation, cette réalité démontre l’importance d’une riposte qui ne soit pas concentrée uniquement dans les centres spécialisés, mais qui se déploie également au plus près des populations.

Une épidémie qui s’étend dans des zones fragilisées

L’épidémie se développe dans des régions déjà confrontées à de multiples crises : conflits armés, déplacements de populations, violences, faim et faiblesse des infrastructures sanitaires.

L’OMS souligne que la transmission est désormais soutenue au sein de plusieurs foyers géographiques interconnectés. Cette expansion complique considérablement le travail des équipes chargées de retrouver les contacts, d’identifier rapidement les nouveaux cas et de casser les chaînes de transmission.

MSF insiste également sur la nécessité de renforcer rapidement les compétences locales. Certaines zones nouvellement touchées disposent de peu d’expérience dans la prise en charge d’Ebola, ce qui accroît la pression sur les personnels de santé déjà fortement sollicités.

La riposte affiche aussi des résultats

Face à cette alerte, les autorités sanitaires congolaises mettent en avant les progrès réalisés dans la riposte. Dans son bilan du 24 août, le ministère de la Santé faisait notamment état de 1 200 personnes guéries et d’un suivi de 83,4 % des contacts identifiés.

Ces résultats montrent que des patients survivent à la maladie et que les dispositifs de surveillance produisent des résultats. Mais pour MSF, ils ne doivent pas masquer l’urgence : la vitesse de propagation du virus continue de dépasser les capacités de réponse dans plusieurs communautés.

« Une réponse plus rapide et plus flexible »

À l’approche du cap symbolique des 100 jours, le message de MSF est donc clair : il faut accélérer la riposte.

L’organisation appelle à renforcer le dépistage au niveau communautaire, l’orientation rapide des malades vers les structures adaptées, l’isolement des cas et le suivi des contacts. Elle insiste également sur l’implication des communautés dans la conception et la mise en œuvre de la réponse.

Car derrière les statistiques (plus de 5 500 cas confirmés et plus de 2 600 décès) se trouvent des familles et des communautés déjà éprouvées par des années de crise.

Pour MSF, l’enjeu n’est désormais plus seulement d’ajouter des capacités dans les centres de traitement, mais de rattraper une épidémie qui avance plus vite que la riposte, en rapprochant les moyens de prévention, de dépistage et de soins des populations les plus exposées.

Rédaction

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