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RDC : NOGEC dénonce le contraste entre la libération de prisonniers rebelles et le maintien en détention de Constant Mutamba

La Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC) hausse le ton face à la poursuite des négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, ainsi qu’aux mesures de libération de détenus liées au processus de Doha.

Le parti de Constant Mutamba estime difficilement compréhensible que Kinshasa puisse négocier avec un mouvement politico-militaire présenté par les autorités congolaises comme une force rebelle, tout en maintenant en détention son ancien ministre de la Justice, qui, selon la NOGEC, avait contribué à l’arrestation et à la condamnation de certains membres de cette rébellion.

Cette réaction intervient notamment après la remise de 15 détenus à l’AFC/M23, le 7 août 2026, dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris dans le processus de Doha. L’opération avait été facilitée par le Comité international de la Croix-Rouge.

La NOGEC dénonce une « contradiction »

Pour la NOGEC, le contraste entre ces libérations et la situation judiciaire de Constant Mutamba pose une question de cohérence politique et judiciaire.

Dans une déclaration relayée par plusieurs médias, le parti affirme que son leader a été « sacrifié » dans le cadre des négociations et que les différentes procédures judiciaires engagées contre lui constitueraient, selon sa lecture, des « alibis destinés à occulter la vérité ».

Le parti va plus loin en estimant que cette situation renforcerait sa thèse d’un « complot politico-judiciaire » visant son dirigeant.

Cette accusation reste toutefois une position politique de la NOGEC et ne constitue pas, à ce stade, un fait judiciairement établi. Constant Mutamba a notamment été condamné dans une affaire de détournement de fonds publics et demeure concerné par d’autres procédures, dont le dossier FRIVAO.

« Faut-il prendre les armes pour être entendu ? »

Pour la formation politique, cette situation soulève deux interrogations qu’elle juge fondamentales.

La première : « Faut-il prendre les armes contre la République pour être entendu et respecté par le Gouvernement congolais ? »

La seconde : « Quel message le gouvernement lance-t-il au peuple à travers cette contradiction ? »

À travers ces questions, la NOGEC dénonce ce qu’elle considère comme un signal politique dangereux : celui d’un État qui, pour parvenir à la paix, accepte de négocier avec une rébellion armée et de libérer certains de ses détenus, alors que son propre leader reste privé de liberté.

Des négociations qui mettent le gouvernement sous pression

Le processus de Doha prévoit effectivement des mesures de confiance entre Kinshasa et l’AFC/M23, notamment la libération de prisonniers. Lors des discussions tenues en avril en Suisse sous médiation qatarie, les deux parties s’étaient accordées sur un mécanisme de libération des détenus. Les chiffres évoqués à l’époque faisaient état de 311 prisonniers liés à l’AFC/M23 et de 166 détenus du côté gouvernemental.

La mise en œuvre progressive de ces engagements place donc le gouvernement congolais devant un délicat exercice d’équilibre : négocier pour obtenir une désescalade dans l’Est tout en répondant aux critiques internes sur le traitement réservé aux acteurs politiques et judiciaires.

La NOGEC considère que l’attitude actuelle du pouvoir est contraire aux intérêts de la République et à la mémoire des millions de Congolais victimes des violences dans l’Est du pays.

Le cas Mutamba, toujours au cœur de la controverse

La situation de Constant Mutamba continue parallèlement de susciter des réactions politiques et citoyennes. En juillet, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) avait été saisie par un mouvement associatif dénonçant des violations présumées de ses droits et demandant une enquête.

De son côté, la NOGEC continue de contester la condamnation de son leader et réclame sa libération, faisant de cette revendication l’une de ses principales conditions dans le cadre du dialogue politique national.

Pour le parti, la question dépasse désormais le seul cas de Constant Mutamba. Elle touche à la manière dont l’État congolais entend conduire les négociations de paix tout en préservant l’autorité de la justice et la confiance de la population.

À ses yeux, la libération de prisonniers dans le cadre d’un processus de paix peut être justifiée par la recherche d’une solution au conflit. Mais elle ne devrait pas, estime-t-il, donner l’impression que la voie des armes permet d’obtenir davantage de considération de l’État que la voie institutionnelle et judiciaire.

Une interrogation qui risque de continuer à alimenter le débat politique congolais, alors que les négociations avec l’AFC/M23 se poursuivent et que le dossier judiciaire de Constant Mutamba reste loin d’être clos.

Rédaction

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