La crise qui secoue l’Alliance pour la Rupture et le Développement (ARDEV) ramène Jacques Kyabula au cœur de la bataille pour le contrôle du parti. Après plusieurs semaines de tensions internes, l’ancien gouverneur du Haut-Katanga a obtenu une décision de justice reconnaissant sa qualité de président statutaire de la formation politique.
Cette décision constitue un premier succès pour Jacques Kyabula. Elle ne suffit toutefois pas à mettre un terme aux divisions qui traversent l’ARDEV. Le camp de John Ngandu Kaswamanga, qui s’était éloigné de l’ancien leadership, conteste en effet cette décision et a décidé de faire appel.
Derrière le bras de fer judiciaire se joue désormais l’avenir du parti. Créé autour de Jacques Kyabula, l’ARDEV doit faire face à une situation délicate : comment continuer à fonctionner alors que deux camps revendiquent chacun une légitimité au sein de la même formation ?
Pour Jacques Kyabula, le véritable défi dépasse donc le cadre des tribunaux. Même si la justice venait à confirmer sa position, il lui faudrait encore convaincre les cadres et les militants, restaurer son autorité et surtout recréer un climat de confiance au sein du parti.
La prochaine étape de la procédure judiciaire pourrait ainsi peser lourd dans l’issue de cette crise. Mais la bataille la plus importante se jouera probablement sur le terrain politique. Pour reprendre durablement les commandes de l’ARDEV, Jacques Kyabula devra parvenir à rassembler une formation profondément divisée et à lui donner une direction claire.
L’enjeu est donc double : gagner la bataille juridique, mais surtout réussir la réunification politique de l’ARDEV. C’est à cette condition que Jacques Kyabula pourra espérer transformer sa victoire judiciaire en véritable reprise de contrôle du parti.
Naomie Maïj


