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RDC : le SYECO réclame une concertation urgente avec Raïssa Malu pour une rentrée scolaire apaisée

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, la tension monte dans le secteur de l’éducation en République démocratique du Congo. Le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) demande une concertation urgente avec la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, afin de désamorcer les tensions et de trouver des réponses concrètes aux revendications des enseignants.

La démarche intervient alors que le gouvernement affiche sa volonté d’organiser une rentrée « apaisée, effective et inclusive ». Lors du Conseil des ministres du 14 août, le président Félix Tshisekedi avait notamment demandé au gouvernement de maintenir le dialogue avec les enseignants et de faire le point sur l’exécution des engagements pris envers les partenaires sociaux.

Cécile Tshiyombo dénonce des pressions

La secrétaire générale du SYECO, Cécile Tshiyombo, affirme toutefois que sa volonté de dialoguer avec les autorités se heurte à des difficultés.

« Je suis menacée, on m’a bloquée », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés le 24 août.

La responsable syndicale affirme avoir simplement sollicité une rencontre avec la ministre de l’Éducation nationale pour discuter des conditions d’une rentrée scolaire apaisée. Selon elle, cette demande est restée sans suite, alors même que les autorités ont publiquement insisté sur la nécessité du dialogue avec les partenaires sociaux.

Le SYECO souhaite ainsi que les autorités ouvrent rapidement une table de concertation permettant d’examiner les préoccupations des enseignants et d’éviter que le désaccord ne se transforme en nouveau mouvement de grève.

Des engagements gouvernementaux toujours au cœur des revendications

Derrière cette demande de rencontre se trouve une liste de revendications que les syndicats estiment encore insuffisamment prises en compte.

Dans plusieurs provinces, le SYECO avait déjà dénoncé le retard dans la mise en œuvre de certains engagements gouvernementaux, notamment la situation des enseignants non payés et nouvelles unités, l’amélioration des rémunérations et la prise en charge des enseignants retraités. À Butembo, le syndicat avait notamment prévenu en juillet qu’une absence de réponses concrètes pourrait compromettre la rentrée 2026-2027.

Pour les représentants des enseignants, la question n’est donc pas uniquement salariale. Elle concerne également la régularisation de la situation administrative de nombreux enseignants et le respect des engagements pris par l’État lors des différentes négociations sociales.

Le gouvernement promet pourtant le dialogue

Cette situation crée un contraste entre le discours officiel et les inquiétudes exprimées par le SYECO.

Le 14 août, Félix Tshisekedi avait précisément chargé la ministre de l’Éducation nationale d’intensifier le dialogue avec les partenaires sociaux, de faire le point sur l’exécution des engagements du gouvernement et de prendre les dispositions nécessaires pour garantir une rentrée sans perturbation.

Deux jours plus tard, la Première ministre Judith Suminwa a, à son tour, demandé un état des lieux des engagements de l’État envers les partenaires sociaux, notamment dans les secteurs de l’Éducation nationale, de la Santé et de l’Administration publique. L’objectif affiché est de préserver la paix sociale et d’anticiper les difficultés susceptibles de perturber la rentrée.

Pour le SYECO, l’urgence est donc de passer des instructions aux actes.

Le spectre d’un boycott de la rentrée

À mesure que le 1er septembre approche, la menace d’une perturbation de la rentrée demeure dans le débat syndical.

Le syndicat estime qu’une concertation rapide pourrait permettre d’éviter une confrontation et de donner des garanties aux enseignants sur les engagements en attente. À l’inverse, l’absence de dialogue risque d’alimenter la frustration et de renforcer les appels à ne pas reprendre les cours dans certaines zones.

La rentrée 2026-2027 est officiellement fixée au 1er septembre 2026 sur l’ensemble du territoire national. Le ministère de l’Éducation a par ailleurs prévu un dispositif différencié dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola, avec notamment un enseignement à distance allégé dans les zones classées à haut risque.

Le gouvernement doit donc gérer simultanément plusieurs défis : la situation sanitaire, les difficultés liées aux conflits dans certaines régions et les revendications sociales des enseignants.

Une concertation pour éviter une crise

À quelques jours de la reprise, le SYECO veut privilégier la voie du dialogue. Sa demande de rencontre avec Raïssa Malu vise officiellement à désamorcer la crise avant qu’elle ne dégénère.

L’enjeu dépasse désormais les revendications syndicales. Une éventuelle perturbation de la rentrée toucherait directement des millions d’élèves et leurs familles, alors que le gouvernement cherche à consolider les acquis de la gratuité de l’enseignement et à garantir la continuité des apprentissages.

La balle est désormais dans le camp des autorités éducatives. Une concertation rapide avec les syndicats pourrait permettre de clarifier les engagements de l’État, d’identifier les mesures réalisables à court terme et surtout de rétablir la confiance avec les enseignants.

À l’approche du 1er septembre, le défi pour le gouvernement est donc clair : faire en sorte que l’appel présidentiel à une rentrée apaisée ne reste pas un simple mot d’ordre, mais se traduise par un dialogue effectif avec ceux qui seront au cœur de cette rentrée : les enseignants.

Rédaction

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