Musique : «34 ans après sa mort, M’pongo Love toujours une fierté pour la culture congolaise» (Sandra M’pongo)

La chanteuse congolaise Mpongo Love, décédée il y’ a 34 ans, est toujours considérée comme une fierté pour la culture, a appris de source familiale. « 34 ans après sa mort, nous parlons encore de M’pongo Love, Cela prouve combien elle a marqué les cœurs et demeure une fierté pour la culture congolaise », a déclaré Sandra M’pongo, fille ainée de la chanteuse.

C’était lors d’une cérémonie lundi, de dépôt des gerbes de fleurs, au cimetière de Gombe dans le nord de Kinshasa en République démocratique du Congo.

Elle a aussi évoqué le souvenir d’une femme inspirée dont l’œuvre doit être  pérennisée au fil des années pour l’immortaliser à jamais car, le patrimoine artistique,  légué par M’pongo Love demeure palpable à travers la quintessence des thèmes de ses différentes chansons. « Ses chansons sont des chefs d’œuvre qui constituent une véritable richesse pour le pays. Si l’on peut faire des arrangements de tous ses titres, ce sont des œuvres impérissables à exploiter des générations en générations », a-t-elle dit.

Pour elle, l’essentiel de cette richesse se trouve encore dans les œuvres intemporelles léguées par l’artiste dont il faut faire la réédition et mettre au profit de la nouvelle génération.

Selon Naomie Makwata, artiste musicienne de profession, les œuvres de cette icone sont d’actualités pour toutes les générations. « Maman love, est immortelle et ses chansons revêtent un caractère transgénérationnel grâce à leurs thématiques et au message  qu’elles véhiculent puisqu’elles transmettent des valeurs sociales qui mettent en avant nos us et coutumes et elles sont toujours d’actualités », a-t-elle témoigné.

Préserver la mémoire de la Diva à travers la formation  

Dans un autre registre, Sandra M’pongo a fait savoir que la préservation de la mémoire de sa défunte mère biologique, passe essentiellement par la formation professionnelle, l’encadrement social ainsi que la valorisation des personnes vivant avec handicap afin de desceller certains talents cachés.


« Au sein de la fondation « M’pongo love » que nous avons initié depuis 2005, l’objectif n’est pas seulement d’apporter une assistance financière aux infirmes mais aussi, pour les former et les initier à découvrir leurs dons enfouis afin de les exploiter et le faire découvrir au monde. », a dit la fille de la diva.

Et d’ajouter : « l’Etat congolais doit organiser l’assistance aux handicapés physiques pour les mettre à l’abri de la mendicité car certains d’entre eux sont exposés et mis en danger à cause de cette pratique ». Elle a, par la même occasion, plaidé auprès du gouvernement congolais pour la mise en place d’une cantine sociale afin de venir en aide aux personnes vulnérables.

Parlant du côté avant-gardiste de ce grand nom de l’univers musical motivé pour la cause de la femme, M’pongo Love n’apparaît pas seulement comme l’une des femmes procureuses de la musique au Congo, mais, elle représente aussi le symbole du courage en portant très haut le nom de son pays tout en séduisant avec son art malgré son handicap.

Une chanteuse à l’intuition visionnaire pour l’émancipation de la femme

« Maman a été une chanteuse à l’intuition visionnaire pour l’émancipation des femmes congolaises, une sorte de prophétesse à travers plusieurs de ses compositions à l’instar de  » femme commerçante » le tube le plus connu de tous, qui encourage à l’auto prise en charge de la gente féminine», a déclaré, Sandra M’pongo fille de l’illustre disparue.

Egalement active sur la scène musicale en RDC depuis, quelques années, Sandra Pongo s’est personnellement engagée à la pérennisation des œuvres de sa maman en reprenant et adaptant quelques unes des chansons. Elle a conclu son propos en interprétant le titre « Ndaya », à l’issu de cette cérémonie de dépôt des gerbes de fleurs.

M’pongo Love, symbole d’une carrière passionnelle osée

Décédée le 15 janvier 1990, à l’âge de 34 ans des suites d’une méningite cérébrale, la star des divas congolaises, zaïroises à l’époque des années 80, s’est révélée tout au long de sa carrière comme étant un symbole d’engagement passionnel dans la musique malgré son handicap physique dû à une injection de  pénicilline alors qu’elle n’avait que trois ans.
De son vrai nom Alfride M’Pongo Landu, l’artiste est le fruit de la chorale de l’église Notre-Dame à Boma, une ville portuaire de l’ouest de la RDC, elle y sera détectée, plus tard, par le chanteur Empompo Loway.

À 19 ans, celle qui était autrefois chantre pendant les cultes verra sa renommée prendre de l’élan et son nom portera désormais le nom  de scène de « M’pongo Love » suite à la création de son propre groupe dénommé  «Tcheke Tcheke Love ».


Après le succès qu’a connu sa première chanson « Pas possible Maty »  en 1976, elle se fera découvrir par un large public attentionné et varié. Son style, une incarnation d’un talent pur, original, limpide aux intonations fragiles, nasales et  précises, lui a ouvert le champ sur l’échiquier de la musique africaine.

« Ndaya », « Kapwepwe », « Motayo », « Marketing International », « Koba », « Monama », et tant d’autres » ont émerveillé ses fans dans années 70-80.

En 1980, M’Pongo Love devient productrice de ses propres albums sous son label intitulé « Love’s Music et elle sortira ensuite, depuis  Paris en France, plusieurs opus, à savoir: “L’Afrique danse avec M’pongo Love”, “Vivre avec toi” et “Partager».

Rédaction /ACP

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