Tribune : « La Commission Électorale Nationale Indépendante, RDC : attention à l’effet papillon » (Germain Kambinga)

La Ceni a été entériné en parti et cela dans un climat volcanique .L’enjeu de la transparence électorale comme impératif catégorique en 2023 suppose que cette question soit vidée avec sagesse pour ne pas faire le lit à des convulsions sociales et sécuritaires sans précédent en RDC.

1. L’effet papillon ici se traduit par la conséquence non pertinemment évaluée à l’époque ,d’une séparation par OPA de la majorité FCC-CACH au profit de la création sui generis de l’Union sacrée. Nous sommes passés d’un régime de stabilité qui aurait gagné à être rééquilibré dans le sens d’une affirmation plus importante du pouvoir présidentiel sans remise en cause des fondements éthique et démocratique de l’accord originel à un régime de composition éparse sans colonne vertébrale.En effet, la majorité actuelle souffre d’une double malformation congénitale.

En premier ,sa naissance n’est pas le résultat d’une fécondation démocratique cohérente mais d’un assemblage opportuniste de députés et sénateurs ayant tourné le dos à leurs groupes politiques individuellement et en majorité à la faveur d’un détournement de souveraineté. Ensuite ,il faut noter le risque post contractuel lié à l’insincérité de certains acteurs politiques décidés à en découdre avec l’ancien Président de la République Joseph Kabila sans avoir réellement décidé de travailler pour la réussite du mandat du Président Tshisekedi et encore moins pour sa réélection .Bien naïfs ceux qui ont pensé que les mêmes qui avaient rejeté le Président Tshisekedi en 2018 à Genève comme candidat de l’opposition et ensuite comme Président élu en janvier 2019 étaient subitement devenus des Tshisekedistes dociles dévoués et engagés dans le combat pour la réussite du mandat Présidentiel,les violentes déclarations d’Ensemble sont à cet égard l’illustration de la réalité boiteuse de la coalition majoritaire union sacrée. Résultat des course nous avons d’une part une majorité qu’il faut entretenir à grand renfort de millions de dollars en émolument faramineux ,en cadeaux divers et exigés à chaque enjeux politique majeure ( RAM, CENI…) et d’autres part des leaders membres de cette coalition qui ont leur propre agenda.

2-l’effet papillon se traduira également par l’impossibilité d’avoir un climat social serein permettant au gouvernement de dérouler un vrai programme d’actions .L’équilibre politique est dorénavant ,tellement fragile ,que la rue et les médias seront en permanence sollicités et les députés seront de plus en plus avides de « cadeaux » car se sachant pour la plus part déjà menacés par l’élection de 2023 .Les députés le savent, le taux de renouvellement en 2023 risque de battre les records des précédentes législatures car aujourd’hui plus que jamais le peuple est totalement déçu de la qualité de ses élus .À cela ,nous devons ajouter le climat de défiance qui va dorénavant envenimer les relations au sein du gouvernement car à qui ,certains ministres ,voueront-il leur loyauté ?au Président de la République ? ou à leur Président de parti candidat concurrent au Président de la République… dans ce contexte et à deux ans exactement de la prochaine élection il me semble qu’à part les effets d’annonces, ce gouvernement n’a pas les ressorts politiques lui donnant les leviers pour résoudre les problèmes primordiaux des congolais et ainsi offrir un bilan au Président la République.

3-Enfin, l’effet papillon se manifestera également par une tension extrême si d’aventure le processus électoral devait au forcep être conduit comme tel ,avec ce bureau entériné de façon spartiate par l’assemblée nationale.Imaginez dans quel état sera le pays si par défiance car confondant ,acte de pouvoir ,responsabilité du pouvoir en place et acte collectif d’organisation ,responsabilité indépendante et souveraine de la CENI, les choses prospéraient dans le sens souhaité par de nombreux fanatiques frappés de la myopie qu’offre le confort circonstanciel au détriment de la sagesse.

Pour ma part j’encourage le Président de la République à analyser les coûts et bénéfices de l’approche qui lui est soumis car à chacune des étapes précédentes, les uns et les autres se sont débarrassés de la patate chaude en feignant d’avoir accompli leur part; les confessions religieuse en transmettant à l’assemblée nationale deux procès verbaux lacunaires, l’assemblée nationale ayant échoué lamentablement à trouver un consensus au sein des confessions religieuse à choisi à travers une procédure singulière de faire preuve de prévarication en envoyant au Président de la République un dossier couvert de toute la salissure procédurale imaginable.Ce dernier se retrouve une fois encore seule devant la nation et l’histoire et sa décision rassemblera ou divisera le pays.

Hon. Germain Kambinga, Président du Centre

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