Une réflexion autour de la pensée de l’honorable Patrick KAKWATA NGUZA Thierry André. Cinq ans après, la poule qui applaudissait hier se retrouverait-elle aujourd’hui dans la situation du canard ?
« La poule était en train d’applaudir quand on a mis le canard dans la casserole, oubliant naïvement qu’après le canard, ce serait son tour. »
Cet adage de l’honorable Patrick Kakwata Nguza Thierry André, prononcé il y a cinq ans, pourrait aujourd’hui prendre une dimension particulière à la lumière des événements et des recompositions politiques observés au Lualaba.
À l’époque, certains auraient peut-être souri, d’autres auraient minimisé la portée de cette déclaration. Pourtant, cette parabole contenait une leçon que le temps semble aujourd’hui remettre au goût du jour : celui qui applaudit la mise à l’écart d’un autre devrait toujours se demander s’il ne sera pas, demain, le prochain sur la liste.
Dans cette histoire, le canard représente celui qui, hier, aurait été sacrifié dans l’indifférence générale. La poule symbolise ceux qui, confortablement installés dans leur position, auraient applaudi sans comprendre que les mécanismes des rapports de force ne garantissent aucune immunité. Quant à la casserole, elle incarne les intrigues, les exclusions, les rivalités et les retournements de situation qui caractérisent parfois les environnements politiques.
Cinq ans après, l’histoire serait-elle en train de distribuer les mêmes rôles, mais avec des acteurs différents ?
Ceux qui auraient applaudi hier l’affaiblissement des autres pourraient-ils aujourd’hui découvrir les réalités de leur propre vulnérabilité ? Ceux qui se croyaient indispensables pourraient-ils constater que les alliances politiques sont parfois aussi fragiles que les intérêts qui les fondent ?
C’est toute la contradiction de la politique : on peut être compagnon de circonstance aujourd’hui et adversaire demain. On peut partager les mêmes ambitions pendant des années avant de découvrir que les intérêts ne sont plus alignés.
Mais il y a une chose que beaucoup semblent oublier : le pouvoir est une circonstance, pas une propriété privée. Les fonctions passent, les alliances se défont, les hommes changent de position et les rapports de force finissent toujours par évoluer.
Au Lualaba, cette leçon devrait inviter chacun à l’introspection. Il ne faudrait pas confondre fidélité et soumission, proximité et garantie, encore moins position dominante et invulnérabilité. Il ne faudrait pas non plus se réjouir de l’humiliation d’un ancien allié sous prétexte que les circonstances nous seraient momentanément favorables.
Car la casserole d’aujourd’hui pourrait bien être celle de demain pour celui qui applaudit trop tôt.
Tout se paie ici-bas. Non pas nécessairement par une vengeance humaine, mais parfois par les conséquences de nos choix, de nos comportements et de nos actes. Voilà pourquoi il faut faire le bien, respecter les autres et garder suffisamment d’humilité pour ne jamais croire que le malheur est exclusivement réservé aux autres.
Rien n’est éternel. Tout est éphémère. Demain appartient à Dieu, lui seul demeure maître du temps et des circonstances.
L’honorable Patrick Kakwata Nguza Thierry André aurait-il simplement formulé, il y a cinq ans, une leçon que certains ne seraient en train de comprendre qu’aujourd’hui ?
Hier, le canard était dans la casserole et la poule applaudissait. Aujourd’hui, la poule serait-elle devenue le plat du jour ? Et demain, qui applaudira encore ?
Les carottes seraient-elles finalement cuites ?
LEPPERS MBWAMB
Chronique citoyenne


