Tribune : « L’unité nationale ne se renforce pas avec des petites phrases assassines. » (Alexandre Mulongo)

À Lubumbashi, un extrait du discours du président de la République arrivé le mercredi en fin d’après-midi ne fait pas l’unanimité. Les propos prononcés en langue lingala devant la population mobilisée pour l’accueillir a choqué une grande partie de l’opinion. Le chef de l’Etat a commencé par rappeler avec vigueur que le Katanga est dans le Congo, une affirmation qui sous-entend que certains oublient cette évidence. La petite phrase qui s’adresserait aux séparatistes devient confuse quand il accuse les « sorciers » d’entretenir l’esprit de la division.

L’unité nationale ne se renforce pas avec des petites phrases assassines. En voulant pointer quelques-uns, il a fini par accuser tout le monde. Son propos serait une réaction aux accusations que lui portent certains en lien avec la répression des katakatanga qui porte atteinte à la dignité humaine ? Est-ce que des textes anonymes sur les réseaux sociaux peuvent susciter la réaction directe d’un chef d’Etat dont la parole est scrutée, suivie, analysée et est capable d’engendrer des conséquences diverses ?

Pour le moment, les katakatanga sont loin d’être le groupe le plus dangereux du pays. Leur menace de déstabilisation et de balkanisation n’est pas à comparer aux puissantes actions des groupes armés qui opèrent dans l’est du Congo. L’initiative d’un petit nombre ne doit pas servir de prétexte pour jeter l’opprobre sur la majorité. Oui, nos services de sécurité doivent tuer dans l’œuf ce mouvement mais avec des moyens proportionnés à la menace.

Pour diverses raisons, la frustration peut naitre dans n’importe quel coin du monde. On a les igbo au Nigeria (guerre du Biafra), l’ETA des séparatistes du pays basque, les séparatistes catalans en Espagne, les partisans (tribu Lozi) de la sécession du Barotseland en Zambie, les nationalistes corses en France, les sécessionnistes du Sud-kasaï transformés en secte qui vénère la personne de leur défunt chef politico-spirituel Albert Kalonji Ditunga Mulopwe…les exemples sont légion. Maintenant on entend de plus en plus un appel à la création de l’Etat du Kivu. Le cas katakatanga n’est pas unique dans le monde.

Il est plus juste de combattre les causes de la frustration des peuples plutôt que de se lancer dans des déclarations à l’emporte-pièce au relent de vengeance. Ces propos incendiaires sont de nature à déstabiliser la volonté de vivre ensemble d’un grand nombre. Il n’y a aucun intérêt à se comporter comme sur une terre rebelle conquise. Le Katanga du Congo est une terre affable. Toute société humaine exige de se conformer aux règles qui régissent son organisation. Toutes les sensibilités sont à prendre en compte.

Nous demandons un développement intégral du Congo. Que tout congolais se plaise de partout où il pourrait se trouver sur le territoire national. Oui aux communautés, non au communautarisme ! Sachons dire la vérité !

Alexandre Mulongo, Citoyen Congolais

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